Les syndicats peinent à mobiliser leurs troupes ! Le gouvernement serain face à la mobilisation du 10 septembre ! C'est ce genre de phrases que l'on a pu entendre à foison ces derniers jours, histoire de bien préparer l'opinion. Alors, fatalement, ce soir les discours sont à l'unisson  : faible mobilisation des Français contre la réforme des retraites !

Certes, de fait les chiffres ne sont guère impressionnants : entre 155 000 selon la police et 360 000 selon la CGT, on dira 250 000 pour faire une moyenne. Ce n'est peut-être pas suffisant, mais c'est quand même l'équivalent d'une ville comme Strasbourg. A ne pas négliger donc.

Evidemment, il est tentant de comparer avec 2010, où la manifstation du 7 septembre avait réuni entre 1 et 3 millions de personnes selon les sources. Il est vrai que vu sous cet angle, le 10 septembre 2013 fait un peu chiche. Sauf qu'en 2010, il s'agissait alors de la quatrième manifestation avec pour sujet principal les retraites, après de mars, mai et juin qui avaient rassemblées nettement moins de personnes (mais tout de même un peu plus qu'aujourd'hui).

Surtout, en 2010, Nicolas Sarkozy avait rendu ses arbitrages fin juin, laissant tout l'été aux syndicats puissent mobiliser. De plus, la mesure phare de prolonger de deux années l'âge de départ à la retraite était clairement identifiable. Cette année, c'est en plein été que la réforme est tombée, alors que les Français étaient en vacances ou avaient la tête ailleurs, les syndicats ont eu peu de temps pour convaincre et mobiliser. Surtout, la réforme voulue par Hollande et Ayrault et peu lisible, avec peu de mesures phares, et au final un projet difficile à expliquer.

A ces difficultés s'en ajoute une autre : la division syndicale. Contrairement à 2010, où toutes les centrales syndicales étaient dans la rue, cette fois-ci, la CGC, la CFTC (même si certains de leurs militants étaient dans le cortège parisien), et surtout la CFDT ne combattent pas le texte. Rajoutons qu'en 2010, pour des raisons électorales, le PS avait mobilisé le ban et l'arrière-ban de ses militants. Aujourd'hui, évidemment, ils ne peuvent être là.

Toutes ces raisons font que la mobilisation de ce jour ne pouvait être qu'en deça. Pourtant, le potentiel pour que la sauce prenne est bien là. Une majorité de Français rejettent le texte (ici) ; même encore peu nombreux, dans toutes les villes on a vu des salariés du privé, condition sine qua non pour que le mouvement s'étende ; Surtout les syndicats étudiants et lycéens appelaient à la manifestation, mais les étudiants notamment n'ont pas encore repris les cours, quant aux lycéens, leur rentrée est trop récente. La CGT a d'ores et déjà annoncé qu'il y aura une nouvelle manifestation, du degré d'implication des jeunes dépendra alors la suite du mouvement, mais que le gouvernement ne s'y méprenne pas, les jeux ne sont pas encore faits.