Cette semaine, Marc Dolez a quitté avec fracas le Parti de Gauche, parti qu'il avait contribué à fonder ; et si l'on en croit la presse, ce serait presque le début de la fin pour le parti de Mélenchon. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les titres : " Le départ du seul député du parti de gauche affaiblit Mélenchon" (Le Monde), "Le seul député du parti de Mélenchon critique s& dérive gauchisante" (L'Express), "Jean-Luc Mélenchon a rendu la parti de gauche inaudible" (Libération) "Rififi au Parti de Gauche" (Le Monde encore). Ce ne sont que quelques exemples, mais tout est à l'avenant.

Sauf que tout cela est bien éloigné de la réalité. Mr Dolez quitte le Parti de Gauche (auquel, je précise je n'appartiens pas, du moins pas encore), certes, on peut le déplorer, mais que représente-t-il à part lui-même ? Rien, absolument rien, d'ailleurs 99 % des Français ne savent pas qui il est ; et s'il part, c'est encore une fois seul qu'il le fait. Ce n'est pas une scission, il part sans troupes avec lui, c'est donc le choix d'un individu.

 Quant aux arguments qui sont évoqués par la personne concernée, ils font bien rire ! Jean-Luc Mélenchon par son activisme rendrait son parti inaudible ? Ah bon ! C'est marrant, mais comme 4 millions de Français, je n'ai pas eu cette impression au printemps dernier ; Et il est tellement inaudible que même le très contesté ministre du budget, Mr Cahuzac, reprend une de ses propositions (sans en gratifier son auteur, ce qui est quand même discourtois). Et combien de partis inaudibles peuvent se vanter d'avoir doublé le nombre  de leurs militants en seulement 3 ans d'existence ? En allant au combat contre Mme Le Pen, le même Mélenchon aurait dilapidé les acquis de la presidentielle ? J'ai plutôt l'impression qu'il les a confortés en choisissant la défense de ses idées, plutot qu'un ralliement au vote utile qui ne fait que laisser le champ libre à Mme Le Pen. Le FN se combat les armes à la main, en ne cédant jamais rien sur ses valeurs. La peur de ses adversaires est le moteur du FN.

Mais l'argument massue est celui d'une dériche gauchisante du Parti de Gauche. Là aussi, on est sidéré. Les positions qui sont celles aujourd'hui du Parti de Gauche et qui gênent le PS, à savoir l'opposition à la règle d'or et à la politique d'austérité, l'opposition au TSCG, l'opposition à l'augmentation de la TVA, entre autres, ces positions étaient les mêmes avant l'élection présidentielle. Faudrait-il que la Parti de Gauche en change maintenant que le PS est arrivé au pouvoir ? La politique dans ce pays a trop souffert des reniements et des atermoiements des classes dirigeantes, qu'on ne peut que se féliciter qu'aujourd'hui il y en ait qui tiennent leur cap et ne changent pas d'avis au gré du vent.

Donc Marc Dolez a quitté le Parti de Gauche. En soi, c'est un non-évènement, mais on peut légitimement se demander pourquoi la presse lui a consacré de place, et particulièrement la presse réputée proche des idées de centre gauche. Serait-ce parce que Mélenchon, le Parti de Gauche, le Front de Gauche commencent à devenir crédibles en tant que premiers opposants au gouvernement Ayrault qu'il convient de les discréditer le plus possible ?

PS : à lire ici, l'excellente réponse faite à Marc Dolez par un militant du Parti de Gauche.