Moins d'un an sépare le premier album de Led Zeppelin du deuxième opus. Celui-ci a été conçu dans l'urgence durant la tournée de l'été 1969. Il est un approfondissement du "Led Zeppelin I", tout en étant plus abouti, plus réussi. Cette urgence se ressent avec un son plus proche de celui de la scène où le groupe se forge déjà une réputation impressionnante. Le style du groupe évoule également fortement, l'influence du blues et du folk est ici très présente.

L'album sera le premier grand succès du groupe, détrônant au passage les Beatles dans le classement des charts américain. Le single "Whole lotta love" sera le plus gros tube du groupe. Enfin, 10 ans après sa sortie, "Led Zeppelin II" sera disque de platine aux USA pour la douzième fois. Phénoménal ! A partir de là, Led Zeppelin change de dimension et commence à jouer dans des salles de plus en plus grandes, bientot dans des stades. La machine est en marche, seule la mort de John Bonham pourra l'arrêter.

led zeppelin

Le premier contact avec un disque se fait toujours par le biais de la pochette (celle du vinyl évidemment, toujours le vinyl !).Sa couleur marron vaudra à l'album son surnom de Bombardier brun (Brown bomber). La photo est celle d'une escadrille de pilotes de chasse allemande de la première guerre mondiale. Dessus, on peut reconnaître les visages des membres du groupe, ainsi que celui de Peter Grant, le manager, le cinquième Led Zeppelin et celui de Blind Willie Johnson, un bluesman. Dès lors la couleur est annoncée : ce sera du rock lourd, brutal, sous forte influence blues.

Et l'impression de la pochette se confirme dès le premier titre "Whole lotta love". Plus grand succès du groupe donc, la chanson estarrangée par les 4 membres du groupe, mais composée à l'origine par le bluesman Willie Dixon. Chanson dont les paroles (ici) déjà à l'époque de Dixon étaient à forte teneur érotique. Passées à la moulinette de Robert Plant, elles ne le seront pas moins. Plant fait déjà des performances vocales, Bonham cogne fort et juste, et Page se lance dans un court, mais efficace solo de guitare à l'instar de ceux qui plus tard feront sa gloire.

"What is and what should never be" (ici), commence comme une ballade romantique. Apaisement de bonne augure après la folie du premier titre, mais de courte durée, puisque c'est rapidement une déchainement de son qui déferle. Le son blues, lent, triste est une nouvelle fois la marque de fabrique du morceau.
Blues toujours et encore, avec une reprise d'un morceau de Howlin' wolf. 6 minutes de blues pur où la puissance de Led Zeppelin s'exprime à plein. (paroles ici). Le citron en question dans la chanson, c'est l'homme dont elle parle qui s'éreinte au travail et ne parvient pas à faire vivre convenablement sa famille. Sublime chanson ! Sublime version !
Avec "Thank you" (ici) qui clôt la face A du disque (vinyl, rappelez-vous !), on a le deuxième morceau entièrement écrit par Page et Plant. John Paul Jones est aux claviers certes, mais il peut aussi prouver qu'il est un grand arrangeur. Plant prouve aussi qu'il savait écrire de très belles chansons d'amour. La vidéo qui suit est marrante, puisque la chanson sert à illustrer un vieux flim muet français. Rien à voir, mais très drôle !
La Face B commence comme la face A, par un chef-d'oeuvre : "Heartbreaker" (ici). Qui ne connaît pas les fameuses notes de guitare de Jimmy Page qui débutent le titre. Le même Page qui nous gratifie d'un riff énorme au coeur du titre, un des plus puissant de l'histoire du rock. Quant à la batterie de Bonham, elle est puissante et énorme, mais j'y reviendrai plus loin.
"Livin' loving maid (she's just a woman)" (ici) est un titre plus classique dans sa forme qui vient prouver que la plette du groupe était large : c'est un bon vieux rock n' roll pur sucre composé par Page et Plant. La chanson parle d'une groupie qui les suivait partout. Pour la petite histoire, c'était le titre qui devait sortir en single, court, efficace, c'était une évidence, mais Page va refuser catégoriquement. Il ne sera que la face B de "Whole lotta love". L'histoire lui donnera raison.
On a longtemps dit que Plant avait été fortement influencé par la littérature fantastique. "Ramble on" (ici) ne vient pas démentir cette impression, puisque les références au "Seigneur des anneaux" de Tolkien sont claires. Son amour de la nature aussi, ce qu'illustre d'ailleurs très bien la vidéo ci-après qui colle très bien aux paroles.
"Moby dick" est un morceau instrumental. Il y en a peu dans la discographie de Led Zeppelin. Mais qu'on ne s'y trompe pas, s'il débute par un riff de guitare, c'est bien pour  (et en partie par lui) John Bonham qu'il a été écrit. Un solo de batterie ! Dès leur second album, ils osent tout ! Et ils ont raison parce que Bonham démontre que dérrière son instrument, sur la scène, il n'y a pas meilleur que lui. Il est le plus grand ! Et trente ans après sa mort, il n'a toujours de successeur. A noter que sur scène, le solo pouvait durer parfois jusqu'à 20 minutes : ahurissant ! Bon, là, sur la vidéo, cela ne dure qu'un quart d'heure, mais c'est déjà pas mal ! En tout cas, s'il faut que vous n'en regardiez qu'une, c'est celle-là !
Enfin, commencé par une reprise de Willie Dixon, le disque se termine par une reprise du même bluesman : "Bring it on home" (ici). Là encore c'est fantastique. Plant arrive même à moduler sa voix au point que l'on pense que ce n'est pas lui qui chante. Là aussi, sur scène, le titre pouvait durer deux à trois fois plus longtemps.