Comment faire campagne quand on a un bilan désastreux, qu'on n'a pas de programme, et qu'on est détesté par prés des deux tiers des Français ? c'est le cruel dilemme auquel doit faire face Nicolas Sarkozy. Sa réponse ? la politique de l'emmerdement maximum. C'est à dire balancer les pires vacheries sur son adversaire principal, peu importe qu'elles soit vraies ou pas, il faut salir, il en restera toujours quelque chose au moment du vote. Mais c'est aussi faire en sorte que la visibilité médiatique de François Hollande soit le plus possible contrariée. Autrement dit, pour s'en sortir, Nicolas Sarkozy pratique à outrance la politique de caniveau. C'est dans cet esprit que surgit la grande idée d'un meeting place de la Concorde le 15 avril.

Pour bien comprendre, il faut se rappeler qu'au départ tout vient du Front de gauche (comme souvent dans cette campagne), et de sa formidable idée d'organiser des meetings en extérieur. Après l'incroyable succès du meeting place de la Bastille, le PS à trouvé l'idée intéressante et s'est dit qu'il serait bien qu'il organise lui aussi un grand meeting en plein air. Ce sera donc au bois de Vincennes le 15 avril, soit une semaine avant l'élection. Voyant cela, Nicolas Sarkozy pique une crise de jalousie et se dit que si prés de l'élection, il ne peut laisser autant de lumière à son adversaire principal. Sur le champ ou presque, il décide d'organiser son propre rassemblement, le même jour place de la Concorde.

La première qualité que l'on demande à un chef d'état est d'être capable d'anticiper et de prévoir. Or, dans le cas présent, tout est improvisé, fait sans aucune logique. D'ailleurs, en voici la preuve en trois exemples : 

- 1) Organiser un tel rassemblement sur la place publique nécessite l'autorisation de la Mairie de Paris. A moins de 9 jours de l'évènement, les équipes de Bertrand Delanoë n'avaient toujours reçu aucune demande.

- 2) La place de la Concorde est située en plein sur le parcours du marathon de Paris qui aura lieu lui aussi le 15 avril. Certes se sera le matin, mais cela laisse peu de temps pour organiser la logistique et la sécurité.

- 3) L'UMP prétend réunir au moins 100 000 personnes. Pour cela, il lui faudra faire venir des milliers de militants et sympathisants de province. Léger problème cependant, en période de vacances scolaires il n'est pas possible de prévoir des trains spéciaux, quant aux bus, la plupart sont déjà réservés... pour le meeting du PS qui a pris lui, le temps de s'organiser convenablement.

Après cela, il n'y a qu'une question : a-t-on vraiment envie de laisser encore les clefs du pays à un type pareil pendant 5 ans ?