Souvenons-nous, c'était il y a à peine plus d'un mois, Nicolas Sarkozy, à cause de sondages catastrophiques, venait de précipiter son entrée en campagne, et en profitait pour faire des annonces "fracassantes" comme celles des référendums. Les commentaires furent unanimes, cette annonce était de nature à relancer sa candidature, et à voir les courbes se rapprocher. La campagne n'était pas finie, qu'on se le dise !

Souvenons-nous encore, c'était à Villepinte il y a 15 jours seulement, un grand raout de 50 000 fanatiques UMP, avec un discours offensif du candidat sortant à la clef. Une telle démonstration de force devait normalement relancer la campagne de Nicolas Sarkozy.

Souvenons-nous, enfin, cela s'est passé cette semaine et tous les esprits en ont été forcément frappé. Les incidents dramatiques de Toulouse et Montauban ont remis les thèmes de l'insécurité et du terrorisme sur le devant de la scène. Qu'on se la dise, cela ne peut profiter qu'à la droite, et peu importe les zones d'ombres liées à l'affaire ou à la politique sécuritaire du président Sarkozy, la campagne est relancée.

Trois évènements de campagne donc, il s'est trouvé une ribambelle de commentateurs politiques, d'éditorialistes ou de journalistes pour nous resservir la même rengaine selon laquelle le candidat Sarkozy retrouvait une dynamique, là où François Hollande était à la peine, cherchait un second souffle.

De drôles d'analyses pourtant, constamment démenties par la réalité des enquêtes sondagières dont on nous abreuve à longueur de temps et qui sont souvent les seules sources d'information de cette caste journalistique.

Mais que disent-ils en vrai ces fameux sondages ? Ils disent que rien n'y fait, pas même les gesticulations présidentielles, Nicolas Sarkozy a toujours une cote de popularité très basse, avec environ les deux tiers des Français qui ne peuvent toujours pas l'encadrer. Ils disent que Nicolas Sarkozy, s'il remonte un peu entre 28 et 30 % reste à un score relativement faible pour un président sortant, qui plus est candidat unique de la droite de gouvernement. Ils disent aussi qu'avec un score équivalent, le candidat socialiste est lui par contre à un niveau très élevé que seul François Mitterrand avait dépassé en 1988, mais en situation favorable de candidat sortant. Ils disent enfin et surtout qu'au second tour rien ne bouge ou presque, s'il y a certes un léger rapprochement, ce qui était inévitable tant François Hollande était haut, Nicolas Sarkozy, si les choses en restaient là, devraient se prendre la plus grande gamelle jamais enregistrée par la droite à ce scrutin.

Comment expliquer alors une telle déconnection entre ce qu'une grande partie de la presse nous sert tous les jours et la réalité ? A mon sens, deux explications. La première, logique, vient du fait qu'une part des journalistes est favorable à Nicolas Sarkozy. Certains organes de presse, comme Le Figaro, font campagne ouvertement pour lui. Ceux-là font tout ce qui est en leur pouvoir pou essayer d'inverser le cours logique des choses.

La seconde vient du fait qu'aujourd'hui, les entreprises de presse sont d'abord des entreprises comme les autres, qui doivent vendre ou avoir de l'audience pour vivre. Or, répéter à longueur de temps que la campagne est jouée, ce n'est pas vendeur, il faut donc maintenir le suspens.