Luc Chatel a beau parader et se féliciter de la rentrée scolaire qui selon lui s'est bien passée, la réalité du terrain apporte un démenti formel. On ne compte plus les classes fermées, les options supprimées faute d'enseignants, les élèves sans établissement. Tout cela étant le résultat de cette stupide logique comptable et financière qui consiste à supprimer grosso modo 15 000 postes par an, sous prétexte d'économies. Comme si le savoir et l'éducation étaient monnayables, comme si l'avenir d'un pays ne dépendait en aucun cas de la qualité de son éducation.

Sans compter que ce n'est pas tout, puisqu'à cela il faut rajouter la réforme de la formation des enseignants, si tant est que l'on puisse parler de réforme puisqu'il s'agit désormais de mettre des profs débutants devant les élèves avant même d'avant reçu une formation pédagogique. Si quelqu'un peut m'expliquer l'intérêt pour l'enseignant et les élèves, je suis preneur, parce que sinon, je ne vois pas... Et puis je ne parle même pas de la réforme du lycée puisqu'il s'agit essentiellement de réduire certains enseignements comme le latin, l'histoire, ou encore l'économie. Il est vrai qu'en ces temps de crise, comprendre l'économie ne sert à rien. Mais qu'on se rassure, les lycéens feront plus de sport : on est sauvés, à défaut d'avoir des ingénieurs ou des intellectuels, on aura peut-être une équipe de football compétitive !

On le voit les raisons qui justifient l'appel à la grève du 27 septembre sont nombreuses. Il faut espérer que celle-ci sera massivement suivie et servira d'électrochoc pour la population, car ce qui se joue ici, c'est l'essentiel, c'est à dire l'avenir d'un pays. De toute évidence, l'idéologie (car il s'agit bien de cela au fond) qui sous-tend cette politique vient de franchir un cap. Il ne s'agit plus seulement de créer une éducation à deux vitesses, avec le savoir le plus large pour les riches et les meilleurs élèves, et les bases élèmentaires pour le reste qui en saura de toute façon bien assez pour aller à l'usine, dans les caisses au supermarché ou à Pôle emploi. Visiblement, l'objectif est bien pire encore. Bêtifié le plus possible les masses, étant donné qu'il est bien connu qu'une population peu cultivée dispose de peu d'esprit critique et elle est donc ainsi malléable et corvéable à merci. Certes, les temps où l'on fabriquait de la chair à canon sont terminés, il ne s'agit plus que de donner de la " chair" pour le CAC 40. J'exagère ? Le MEDEF, en ce moment, souhaite que les manuels scolaires donnent une vision positive des patrons. N'est-on pas là déjà dans cette vision apocalyptique que je décrivais ?

Autre signe inquiètant ? L'enseignement privé, qui même s'il est vrai qu'il touche une population plus diversifiée sociologiquement qu'avant, reste pour une grande part l'apanage des classes privilégiées, l'enseignement privé sera lui aussi dans le mouvement du 27 septembre. Tous les syndicats de ce secteur appelent à la grève. C'est une première. Il faut dire que même si c'est dans une moindre mesure, les suppressions de postes touchent aussi le privé, avec là aussi des conditions d'accueil qui se dégradent. Il ne s'agit donc plus seulement de créer une école à deux vitesses, mais bien de casser le système scolaire à la base.

Devant ces projets inquiètants, il n'y a qu'une seule solution, que l'on soit enseignant, élève, parent ou simple citoyen :

IL FAUT MANIFESTER LE 27

Et ne pas relâcher ensuite.

 

PS : Message personnel pour le Mage : t'as vu, je n'ai pas mentionné qui tu sais !

 

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