Depuis le temps que tout le monde se plaint que les socialistes n'ont pas de projet, au moins maintenant, on a du grain à moudre. L'avantage pour eux, c'est que désormais il enlève à la droite son argument principal selon lequel il n'y a pas d'autre alternative puisque les autres ne proposent rien. Paradoxalement, c'est aussi leur problème, maintenant il est possible de les attaquer sur le fond, et force de constater, qu'il y a bien un changement d'orientation avec la politique actuelle, il ne s'agit en rien d'une rupture, les socialistes s'arrêtant le plus souvent au milieu du gué. Je vais m'arrêter longuement, sur plusieurs billets, sur ce projet, non pas qu'il est mon adhésion pleine et entière, mais étant donné que les socialistes sont les mieux placés aujourd'hui pour revenir au pouvoir, il est intéressant de connaître et comprendre ce qu'ils proposent.

On peut retrouver l'intégralité du texte sur le site du parti socialiste. Je me contenterait de commenter dans les jours qui viennent, ce qu'ils ont défini dans leurs 30 priorités. Pour aujourd'hui, les points concernant l'emploi, la compétitivité, l'investissement et le désendettement :

1 création d'une banque publique d'investissement :  L'objectif de cette banque sera notamment d'investir dans l'innovation et de soutenir les PME-PMI. L'idée est ceertes bonne, mais le problème, c'est qu'il me semble que cette banque existe déjà : Oséo. Peut-être s'agit-il simplement ici de renforcer ses moyens. Soit, passons, je n'ai pas vraiment d'avis sur la question. Par contre, là où j'en ai un, c'est que dans les 30 priorités, il n'y a rien sur le contrôle des banques justement. Ce sont ces organismes qui par leurs excès ont créé la crise, et qui aujourd'hui, alors même qu'ils ont bénéficiés d'aides colossales, reproduisent les mêmes comportement qu'hier. Je ne vois rien de significatif contre la spéculation, sur les tarifs bancaires ou encore sur les paradis fiscaux.

 2 Impôt sur les sociétés modulable selon  que les sociétés investissent ou privilègient les actionnaires : Le problème une fois de plus, vient du fait que l'on s'adresse essentiellement aux grandes entreprises. Or, ce sont d'abord en priorité les petites entreprises qui souffrent le plus de la crise. Quant à l'idée de sanctionner les entreprises qui privilégient leurs actionnaires à leurs salariés, elle est bonne en soi, mais se contenter d'une augmentation d'impôt qui viendrait compenser les baisses octroyées aux entreprises qui investissent, c'est mettre une cautère sur un jambe de bois. C'est le principe même qu'il faut condamner : en aucun cas des actionnaires qui spéculent sur l'avenir des entreprises et de milliers de salariés ne peuvent imposer leur diktat. Il faut sortir de cette logique qui veut qu'une entreprise fasse chaque année entre 10 à 15 % de bénéfices qui vont tout droit dans la poche des actionnaires en imposant une redistribution plus forte des bénéfices pour les salariés et une part minimale pour l'investissement.

3 Proposer à l'Europe afin d'émettre des emprunts européens afin de financer les investissements de demain :  Le type même de la proposition qui ne coûte rien puisqu'elle ne dépend pas de nous. C'est même pervers, ce genre de proposition, puisque c'est admettre que sur un certain nombre de sujet, nous avons perdu la main.

 4 Création de 300 000 emplois d'avenir : C'est le retour du parti socialiste traditionnel, interventionniste. Dans le passé, ce genre de propositions ont certes permis à des milliers de jeunes de mettre le pied à l'étrier, mais elles ont aussi développé la précarité, et souvenons-nous quand même que les fameux "emplois-jeunes" ont créé un nivellement par le bas dans la fonction publique.

5 Des pénalités financières pour les entreprises qui licencient et dans le même temps versent des dividendes à leurs actionnaires : Soyons honnête, c'est un premier pas vers la bonne direction, mais un tout petit pas, parce que franchement, dans la plupart des cas, il s'agit de multinationales si puissantes que la menace de pénalités fait bien rire. Non,, cette pratique doit être interdite purement et simplement, en rétablissant l'autorisation administrativement de licenciement, supprimée par Chirac en 1986, et que la gauche n'a jamais rétabli. De plus, il est tout de même consternant qu'il n'y ait rien dans ce texte sur les délocalisations.

6 Action auprès de l'Europe pour augmenter les droits de douane sur les produits venant de pays ne respactant le minimum social, sanitaire ou environnemental :  C'est exactement ce que réclament les Français : plus de protectionnisme, à l'instar de ce que les Chinois, les Japonais ou les Américains pratiquent. Petite difficulté : cela ne dépend plus de nous mais de l'Europe, et il est peu probable que tout le monde soit d'accord, d'autant plus que la concurrence déloyale se pratique aussi à l'intérieur de l'Europe.

7 Affectation de la moitiè des marges financières dégagées à la réduction de la dette : Pourquoi pas, mais j'ai une petite question ? En quoi la dette est-elle un problème si notre pays investit pour l'avenir ? Les investissements d'aujourd'hui seront bien les bénéfices de demain ?

 

Sur le sujet :

voie-militante a un avis lui aussi mitigé concernant ce texte.

Entre projet socialiste et débat IMP sur la laïcité, La maison du faucon nous donne un petit texte qui me semble représentatif de ce que beaucoup pensent aujourd'hui.

perdre-la-raison note les élèments de ressemblance entre ce projet et le pacte proposé par Mme Royal en 2007.

 Sur d'autres sujets :

Jacques démontre qu'il est possible de sortir du nucléaire à parti de l'exemple espagnol.

dasola a lu et aimé "la Saptième vague" de David Glattauer.

jef s'intérresse au concept de libéralisme.

Pour a tort ou a raison Nicolas Sarkozy est le premier défenseur de la littérature.