L'histoire est connue de tous, c'est celle des moines du monastère de Tibéhirine en Algérie qui furent massacrés au milieu des années 90. Ce que raconte le film, ce sont les derniers mois de ces moines, leurs interrogations, leurs craintes, leurs angoisses.

Autant le dire dire d'emblée, il s'agit pour moi d'un grand, d'un très grand film. Pour autant, avec un tel sujet, la prise de risque était énorme. On pouvait craindre deux écueils, soit un film purement basé sur l'émotion avec des bons et des méchants, soit une ode à la religion. Xavier Beauvois ne tombe dans aucun de ces pièges, bien au contraire.

"Des hommes et des dieux" est un hymne à la tolérance. Celle pratiquée par les moines qui ne font aucun prosélytisme et qui au contraire ont appris à connaitre, comprendre et aimer cette population au milieu de laquelle ils vivent. Celle de la majorité des habitants qui rendent aux moines l'amour qu'ils portent, mais surtout qui sont pris en tenaille dans une sorte de guerre civile qui les dépasse et qui sont les otages.

Mais surtout, "Des hommes et des dieux" est un message d'amour envers les hommes, tous les hommes. Xavier Beauvois excelle à nous faire toucher du doigt la complexité de la situation algèrienne à cette époque. Même les islamistes qui sont constamment décrits dans tous nos médias, tous les jours, comme d'immondes barbares terroristes, même eux ont leur part d'humanité.

Ce film, c'est une part de l'histoire de l'Algérie, mais c'est surtout une histoire d'hommes, de neuf moines, tous magnifiquement interprétés. Xavier Beauvois nous fait pénétrer au plus profond de ce qu'ils sont, des héros contre leur gré, qui se retrouvent dans une tourmente qui les ménera à leur perte. Et ils le savent.

Il n'y a pas de ces scènes hollywoodiennes, qui nous font sentir que les héros doutent et ont peur. Xavier Beauvois, nous amène peu à peu à ces sentiments, par petites touches, sans effusion, sans cris. Et c'est terriblement efficace. Il réussit ce tour de force incroyable à faire jaillir les larmes de la plupart des spectateurs dans la salle, avec une scène où aucun mot n'est dit, où la seule chose que l'on voit, ce sont des visages, et où l'on entend la musique du "lac des cygnes". Un moment de grâce inouï, comme le cinéma ne nous en donne que rarement. Tout le talent de Xavier Beauvois est résumé dans cette scène.

"Des hommes et des dieux" est un film basé sur l'humanité des personnages. Il fallait donc de grands acteurs, il y en a 9 tous sublimes, mais il faut donner une mention spéciale au grand Michaël Lonsdale, qui n'a pas la renommée qui devrait être la sienne, et surtout à Lambert Wilson. Je ne suis pas partculièrement fan du personnage, mais là, il incarne, il est Frère Christian.

Aux dires mêmes de Lambert Wilson, ce film a modifié sa façon d'appréhender la vie. Assurément, on ne peut pas ne pas en ressortir bouleversé. Magnifique !

Sur le sujet :

tina la killer a beaucoup aimé le film, dasola aussi . le passeur critique nous livre une analyse de toute beauté.

Sur le web :

a tort ou a raison pense que certains devraient prendre leur retraite plus tôt que d'autres. Maintenant même.

pensee libre relaie l'appel à un référendum sur les retraites émis par certains politiques.

Entre Merkel et Sarkozy, jef ne sait plus qui croire.