53 % des personnes ont choisi de ne pas choisir. Le chiffre impressionne, et depuis hier soir, les commentaires et analyses ne manquent pas. Les raisons de cette abstention massive sont connues (scrutin illisible, perte de confiance dans le politique, volonté d'envoyer un message), et les politiques n'ont pas fini de discourir sur la portée politique de ce résultat. Discourir, c'est d'ailleurs malheureusement ce qu'ils font le mieux. Pour autant, les analyses de membres du gouvernement entendues un peu partout viennent rappeler que s'abstenir ne sert à rien.

Tout d'abord, même si les abstentionnistes sont majoritaires, le système n'en tient absolument pas compte. Même avec 80 % d'abstention, les résultats sont validés, et tout continue de fonctionner comme avant, une fois passées, les discours d'inquiétude sur la désaffection politique des Français. L'abstention est en grande partie l'expression d'une colère ou d'un rejet. Seulement ce n'est pas la bonne façon d'exprimer cette colère. Pour cela, il existe d'autres moyens, et les Français auront la possibilité de le faire dès le 23 mars. En espérant quand même qu'ils soient cohérents.

Non seulement le système va continuer, les résultats seront  validés, mais en plus, si on entend ce que disent les dirigeants de la majorité depuis hier soir, le faible taux de participation leur permet de justifier leur politique. Certains en arrivent même à dire que les Français n'ont pas voulu sanctionné le gouvernement puisqu'ils n'ont pas voter. On en arrive donc à ce paradoxe étonnant qui consiste à dire que plus la colère envers le pouvoir et les politiques s'exprimera avec les pieds, plus ces mêmes politiques trouveront de justification pour ne rien changer.

Je n'aurai donc qu'un seul message à dire aux abstentionnistes avant le second tour de dimanche : pour qu'elle soit reconnue et entendue, une colère doit s'exprimer. C'est le meilleur moyen pour qu'il n'y ait pas de mauvaise interprétation du message.