François Fillon a interrompu ses vacances ! Et chose curieuse, ce n'est ni pour le phénomène médiatique de la grippe A (Et le fait même qu'aucun ministre n'arrête ses vacances alors qu'elle sévit dans l'hémisphère sud, prouve bien le caractère purement médiatique de cette prétendue pandémie), ni à la suite d'un mouvement social dans une entreprise (ben oui, si l'avenir des ouvriers intéressait le pouvoir, cela se saurait).

Non, François Fillon a écourté ses vacances à cause de l'algue verte qui prolifère sur les plages bretonnes. Mais attention, il ne s'est déplacé que parce qu'il y a eu la mort d'un cheval et qu'on est désormais certain de la dangerosité des émanations de gaz produites par l'algue. Ben oui, parce que s'il n'y a pas un fait divers susceptible d'appâter les caméras, il ne faut pas espérer que le pouvoir s'y intéresse.

Donc François Fillon se déplace. Il faut dire que c'est tout bon pour lui, à une semaine de la reprise du président, il peut enfin occuper l'espace médiatique. Pendant une semaine, il existe !

Alors, il se retrouve là, sur les plages costarmoricainescostarmoricaines en plein mois d'août, accompagné de la ribambelle de journalistes qui de toute façon, au mois d'août, n'ont rien d'autre à faire. Mais attention, François Fillon est premier ministre ! il ne se déplace donc pas les mains vides ! Dans sa besace, il annonce princièrement que l'Etat nettoiera à ses frais les plages les plus touchées.

Voilà de la politique de haut vol ! Parce qu'avec des écologistes à 16% lors des européennes et qui grâce à leur université d'été ont le vent médiatique dans le dos, le gouvernement ne pouvait rester inactif sur le lourd et inquiétant dossier de l'environnement. Donc, il nettoiera !

Bien ! Bravo ! pendant quelques mois les bretons auront des plages propres ! Oui, mais après ? On renettoiera jusqu'à ce que les petites algues vertes comprennent d'elles-mêmes qu'il ne faut pas venir salir les jolies plages bretonnes ? Parce que, tout de même, si elles prolifèrent, ces algues, il y a bien des raisons, non ?

Peut-être que la présence massive de cette algue depuis 30 ans est dûe à l'abondance de pesticides dans les nappes phréatiques ? Peut-être que si les plages deviennent vertes, ce n'est que la conséquence d'une politique agricole entièrement tournée vers le productivisme ?

C'est curieux, mais le premier ministre, subitement devenu le premier écologiste de France, n'en a pas dit un mot. Peut-être parce que se serait toute la politique agricole européenne que son gouvernement soutient et que son camp a promu ? Rappelons seulement que le ministre de l'agriculture qui a impulsé le changement de la politique agricole française vers une production intensive s'appelle Jacques Chirac ! A l'heure de la rupture proclamée comme idéologie, il ne fait pas bon rappeler que l'on insiste dans les erreurs passées.