Le fameux paquet fiscal est considéré comme la mesure symbolique de la présidence Sarkozy. Dès son origine, les partis de gauche ont été vent debout contre elle, dénonçant le côté injuste de la mesure, mais aussi son inefficacité et son coût pour les finances publiques.

Mais depuis, la crise est passée par là, donnant un nouvel écho aux critiques. Surtout, l'opposition est dèsormais rejointe par des députés de droite qui réclament a minima un aménagement temporaire des mesures fiscales décriées. Il faut évidemment voir dans cette volte-face l'effet de la grogne sociale qui menace.

Malgrè cela, le pouvoir reste sourd et maintient sa politique, englué qu'il est dans une posture rigide et idéologique.

Le paquet fiscal, c'est avant tout deux mesures. La première consiste à fixer un plafond de 50 % maximum des revenus imposables, pour les personnes très riches. A l'heure où une grande partie de la population connaît des heures difficiles, demander à ceux qui vivent dans l'opulence, et qui parfois sont aussi responsables de la crise, de participer à l'effort national, me paraît justifié.

Certes, le nombre de personnes concernées est minime (on parle de 14 000 personnes), mais en politique le symbole est important. De plus, les arguments qui ont servis à justifier ce cadeau fiscal sont sujets à caution. Cela n'a pas fait revenir les éxilés fiscaux, et on constate qu'il y a de nombreux riches étrangers qui s'installent en France, attirés par le cadre de vie, et la qualité de nos services publics. En outre, il est bon de rappeler que durant les années 70, les gros revenus étaient taxés jusqu'à 70 %, et pourtant, ce furent des années de croissance exceptionnelles. L'argument du frein au développement est donc caduque.

Le second volet du paquet fiscal, concernait les exonérations des heures supplèmentaires. Le fameux travailler plus pour gagner plus. La crise à eu au moins le mérite de révéler à quel point cette décision était contraire au bon sens. Comment veut-on lutter correctement contre un chômage en très forte augmentation, si on demande aux gens de travailler encore plus. Peut-être suis-je complètement nul en économie, mais il me semble surtout qu'il s'agit de bon sens, et je pense que ceux qui prétendent le contraire agissent par pure idéologie.

Le 19 mars, le retrait du paquet fiscal sera dans toutes les têtes, même si évidemment, cela ne suffira pas. Pourtant, le gouvernement communique déjà à outrance pour assurer qu'il n'en fera rien. C'est à se demander qu'il n'a pas conscience de l'état de colère et d'impatience du peuple Français, c'est à se demander s'il ne recherche pas l'affrontement, à l'instar de ce qui s'est passé aux Antilles.