Régulièrement, certains commentaires me reprochent d'être toujours dans la critique et de ne jamais rien proposer. J'admets qu'il y a un fond de vérité, mais face à un pouvoir qui fait une réforme inique par jour, il est difficile de ne pas être en permanence révolté et donc de critiquer. Cependant, pour commencer 2009, j'ai décidé de laisser libre cours à mon imagination et donc de déposer ici quelques idées (peut-être saugrenues) histoire de démontrer que dans bien des domaines d'autres directions sont possibles (et bien d'autres encore  plus fonctionnelles et élaborées que des politiques, des économistes, des sociologues, des intellectuels ont fait et qui ne sont pas médiatisées, mais que je ne reprends pas ici).

En tout premier lieu, je crois qu'il faudrait redonner ses lettres de noblesse à la politique et sortir d'une gestion purement économique de la société. Remettre les hommes au centre de l'action publique. Le pouvoir devrait avoir pour but essentiel de favoriser et développer tout ce qui fait lien et sens entre les individus, tout ce qui facilite la vie commune et le respect de tous. Pour cela, l'argent, le profit, l'enrichissement matériel ne devraient plus être considérés comme des valeurs. La culture, l'éducation, la recherche, la santé devraient être les axes prioritaires d'une politique publique centrée sur le bien commun.

Dans ce but, le pouvoir dispose d'un outil formidable : le service public. Or, celui-ci est souvent mis à mal parce qu'on le met en opposition directe avec le monde de la finance et de la concurrence. Je crois qu'il est temps de décréter que les services publics n'ont pas pour vocation de générer des profits. Certains d'entre eux sont nécessaires et obligatoires quel que soit leur coût. L'ensemble du territoire doit être desservi de la même façon, de sorte d'assurer l'égalité de chacun face à des besoins vitaux : l'éducation, la santé, la culture, la justice, les transports publics, l'électricité, les moyens de communication.

Un des éléments créateurs de lien est évidemment le commerce. Je crois qu'il est urgent de mettre un coup d'arrêt à la construction de grandes surfaces, et un frein à la grande distribution, facteur d'individualisme et de déshumanisation. Il faudrait revenir à un commerce de proximité, notamment en aidant les petits commerçants à rester dans les villages. Il faudrait permettre aux communes de subventionner la création de petits magasins pour que chaque village, chaque quartier ait les services de base : boulangerie, épicerie, boucherie, coiffeur, pharmacie, ...

Les prix doivent être fixés en haut lieu, ou du moins, leur plus bas maximum. Ainsi, certes l'inflation remonterait, mais les délocalisations pour cause de profit disparaîtraient et se serait un moyen de freiner la concurrence entre les salariés d'ici et d'ailleurs. La différence entre les produits devant se faire sur leur qualité et non pas sur leur coût.

Pour l'environnement, mais aussi pour notre qualité de vie, je crois qu'il est urgent de revenir à une agriculture vivrière. Il faudrait, à mon sens, aider en priorité les petits exploitants, ceux qui font vivre les villages et sont l'image de la France profonde, plutôt que les gros propriétaires terriens de la Beauce ou de la Brie.

Un des grands chantiers de demain, à mon avis, concerne la liberté d'expression et la culture. Plutôt que de décréter la fin de la publicité sur la télévision publique et asservir complètement celle-ci au pouvoir en nommant directement son président, je préconise d'autres pistes concernant les médias. Tout d'abord, je crois qu'il est temps d'acter enfin la réalité du pouvoir médiatique et de faire rentrer celui-ci dans la constitution. Les membres du CSA devraient être élus au suffrage universel et avoir de vrais pouvoirs contraignants sur les chaînes qui ne respectent pas leurs cahiers des charges. Ensuite, il faudrait considérer qu'un grand média devrait être indépendant de tous les pouvoirs qu'ils soient politiques ou économiques. Par conséquent, une chaîne de télé, de radio, ou un grand journal national ou local ne devrait en aucun être lié économiquement à un groupe exerçant une activité hors des médias.

Pour terminer ce petit catalogue non exhaustif, je terminerai par le logement, problème malheureusement d'actualité pour beaucoup trop de personnes. Je préconise donc la création d'un grand service public national du logement se substituant à tous les offices HLM. Ce service serait chargé de réquisitionner les logements vides, de défendre les droits des locataires en évitant les excès et enfin, de construire les logements nécessaires.

Voilà, ce ne sont que quelques petites idées. Mais c'est promis, demain je cesse de rêver et je m'occupe de nouveau de notre réalité.

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