Tout ça pour ça ! Des jours que l'on nous promet le grand plan qui va sauver l'économie française. Eh bien maintenant que l'on sait, on attend toujours le fameux plan qui va sortir la France de l'impasse. Tout ce que l'on a eu c'est un catalogue de cadeaux aux entreprises. Elles sont contentes, elles vont pouvoir passer à la caisse avant de délocaliser. Il y a bien quelques mesurettes pour les plus pauvres, mais presque rien sur le pouvoir d'achat. Et pourtant, c'est bien ce que réclament les Français depuis des mois, c'est bien la consommation qui a toujours été le fer de lance de la croissance de notre pays, mais non, rien, toujours rien pour le pouvoir d'achat.

Allez, puisque j'aime bien l'exercice, et qu'avec Sarkozy, on est arrosé de plans en toutes sortes dont on ne voit jamais les effets positifs, je décrypte les principales propositions du catalogue.

Réalisation de grands travaux : Du grand classique,  mais j'admets que cela a par le passé prouvé son efficacité. Mais en ce qui concerne la rénovation des services publics comme les tribunaux ou les hôpitaux, il a fallu une crise pour se rendre compte qu'il y avait un réel besoin. Le hic dans tout cela, c'est que les collectivités locales vont être mises à contribution, alors même que l'Etat leur supprime une partie de leurs subventions. C'est donc le contribuable qui d'une façon ou d'une autre va payer.

Secteur Automobile : Versement d'une prime à la casse de 1000 euros en l'échange de l'achat d'un véhicule neuf. Cette "grande idée" a déjà été testée par les gouvernements Balladur (dont le ministre du budget était Nicolas Sarkozy) et Juppé. Dans les deux cas ce fut un échec. Si les gens n'achètent pas de voitures, c'est parce qu'elles sont trop chères et qu'ils font d'autres choix. Les 1 000 euros ne devraient pas changer la donne. Mais en admettant que cette prime incite les gens à acheter des véhicules, ces achats cessent en même temps que la prime. La crise du secteur automobile n'est donc que repoussée et amplifiée.

Le Bâtiment : Le doublement du prêt à taux zéro devrait peut-être permettre aux entreprises du secteur de s'en sortir. Mais cela va surtout bénéficier aux classes moyennes, celles qui ont les moyens d'acheter des logements. Quant à la construction de 70 000 logements sociaux supplémentaires, c'est bien, mais c'est à peine la moitié de ce qu'il faudrait.

Remboursement de la dette de l'Etat : l'Etat va rembourser par anticipation 11, 5 milliards d'euros aux entreprises. Magnifique, quand il s'agit des entreprises l'Etat anticipe ses dettes. Mais pourquoi ne rembourse-t-il pas les milliards d'euros qu'il doit à la sécurité sociale et aux caisses de retraite. S'il l'avait fait, on ne serait pas obligé de demander aux gens de travailler plus longtemps ou d'être moins bien soignés. Oui, mais le déficit des comptes sociaux permet d'en préparer la privatisation. Pour les mêmes entreprises que l'on va donc aider une fois de plus.

Emploi : exonération complète de charges sociales pour toutes les entreprises de moins de 10 salariés qui embauchent. C'est encore le trou de la sécu qui va être content.

RSA : L'Etat va verser une prime supplémentaire de 200 euros aux bénéficiaires du RSA. Bon allez, c'est toujours ça de pris, mais franchement, cette mesure, elle est un peu là pour montrer que l'on s'occupe aussi des vrais gens.

Au final, l'Etat va s'endetter massivement pour des résultats qui sont plus qu'aléatoires. C'est bien beau de faire des cadeaux aux entreprises, mais le problème des entreprises, c'est que les gens n'ont plus d'argent à dépenser. Et ce n'est pas avec le plan Sarkozy qu'ils en auront.