Il y a 4 ans de cela, le gouvernement français autorisait l'utilisation des pistolets Tazer pour la police et la gendarmerie, sans qu'aucun débat national ou presque n'ait lieu. Bientôt les policiers municipaux auront eux aussi le droit de s'en servir.

Le débat n'aurait jamais eu lieu si le président de la société Tazer France n'avait eu la mauvaise idée (pour lui) d'attaquer en justice quiconque disait du mal de son pistolet. Or, parmi les personnes concernés, il y avait des représentants d'associations, dont Amnesty International, mais aussi des politiques, dont le porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, bien content de l'opportunité qui lui est fournie de fourbir ses arguments contre le pistolet mais aussi contre une certaine culture de la répression dans notre pays. On pense ce que l'on veut de Mr Besancenot, mais force est de constater que grâce à lui, les médias se sont enfin emparés de la question, et le débat peut avoir lieu.

Je ne reviendrais pas sur la question du nombre de morts dont le pistolet Tazer serait directement ou pas responsable. Je n'ai pas envie d'avoir un procès, d'autant plus qu'il me semble y avoir d'autres arguments pour refuser l'utilisation du tazer.

En premier lieu, je reviendrais sur l'argument majeur des partisans de cette arme, selon lesquels il éviterait des morts, contrairement à l'utilisation du revolver. Or, sauf erreur de ma part, le Tazer ne se substitue pas au revolver mais se rajoute comme étant une possibilité supplémentaire. En outre, à force d'insister sur sa dangerosité moindre, on risque surtout d'en faciliter l'utilisation et de la rendre plus fréquente, alors que le geste de sortir son arme à feu reste très rare pour un policier.

Ensuite, je prendrais comme référence l'exemple anglais, où les policiers en tenue, jusqu'à il y a encore peu n'avaient pas d'armes. Je n'ai pas entendu parler d'une délinquance galopante outre-Manche. De même, de nombreux sociologues font remarquer que la présence d'armes met une distance entre les représentants de l'ordre et les citoyens, ce qui peut être à l'origine de malentendus et de tensions.

Enfin, l'arrivée du Tazer participe d'une course à l'armement en vigueur depuis quelques temps au sein des forces publiques. Après le Flash-ball, désormais le Tazer. Comment ne pas croire que cela contribue à renforcer un climat de méfiance, un sentiment d'insécurité, puisque si les policiers sont si équipés, c'est qu'il y a danger. Bref, on renforce l'impression de peur, là où peut-être le dialogue, la prévention seraient plus efficaces.