Pendant la crise, les affaires continuent ! D'ailleurs, pourquoi se gêner, puisque l'impunité règne. La Caisse d'Epargne vient donc de perdre 600 millions d'euros (une paille me direz-vous dans un pays capable de trouver 360 milliards en 2 heures). Les fautifs seraient des traders, coupables d'avoir continuer à spéculer pendant que la bourse s'effondrait.

Mais comme dans le cas de la Société générale, ces fameux traders ne sont que des bouc-émissaires. On peut d'ailleurs s'interroger sur la mission de la Caisse d'Epargne, banque mutualiste qui gère essentiellement les Livrets A, dont la présence sur les marchés actions est on ne peut plus curieuse.

Ce scandale nous éclaire surtout encore une fois sur les pratiques immorales du monde de la finance, et au-delà du capitalisme. Nous sommes en train de vivre une des crises économiques les plus fortes de l'histoire à cause du comportement de certains hommes d'affaires richissimes peu scrupuleux. Les affaires s'égrènent les unes après les autres et rien ne change, malgré les discours les pratiques scandaleuses, mais légales souvent, continuent.

Et cela continue avec la complicité du pouvoir, et notamment du président de la République. En effet, il est facile de faire de grandes phrases, d'appeler à la moralisation du capitalisme, de décréter que les responsables doivent prendre leurs responsabilités, d'apparaître comme le chevalier blanc qui affronte la tempête. Tout cela est facile, ne coûte rien, n'engage à rien et peut accessoirement se révéler électoralement payant.

C'est oublier que Mr Sarkozy a aussi des responsabilités, non pas directement dans celle en cours, mais dans celles à venir. Et c'est son inaction qui est à mettre en cause. Déjà, dans l'affaire de la Société Générale, le président de la République avait réclamé la démission du président du groupe, sans l'obtenir. Il en sera de même pour la Caisse d'Epargne. Et la raison à cela est que le président refuse par idéologie d'utiliser le seul moyen qui permettrait à l'Etat de reprendre la main, de contrôler effectivement les banques, et par là-même, de relancer réellement l'économie : la nationalisation des banques.

On a beaucoup entendu ce mot ces derniers temps. Mais si les états européens ont effectivement débloquer de fortes sommes d'argent pour rentrer dans le capital des banques en difficulté, ce n'est en rien une nationalisation, et le vocable est ici utilisé à tort. Tous les responsables européens projettent bien de revendre leurs parts dès que la situation se sera améliorée. La manoeuvre n'a pour seul but que de sauver un système économique en perdition.

La nationalisation réelle et totale des banques serait un autre signal économique, le seul capable de redonner de la confiance, non pas aux marchés, mais à la population dans son ensemble. Ce serait montrer que les élus du peuple reprennent le contrôle de l'argent et que les dérivent financières ne peuvent plus rester impunies.

L'Etat Français ne l'a pas fait, et ne le fera pas, puisqu'il défend avant tout les intérêt des financiers.