rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

14 mai 2008

Le rejet de la loi OGM est-il symptomatique d'une crise plus profonde ?

Hier soir, en fin d'après-midi, les députés ont rejeté à une voie près et à la surprise générale la loi sur les OGM. Bien au-delà de cette loi, que le gouvernement a visiblement décidé de faire passer en force, c'est la façon dont le pouvoir est exercé qui est remis en cause et contesté, certes par les députés de l'opposition, mais par une partie de ceux de la majorité, rejoignant en cela l'opinion, du moins si on en croit les sondages.

Et pourtant, sur le dossier de l'environnement tout avait plutôt bien commencé. Avec le Grenelle, Nicolas Sarkozy agissait là où ses prédécesseurs n'avaient fait que des beaux discours. Mieux, pour une fois, il avait laissé la place à la négociation et à la concertation avec l'ensemble des associations et partenaires concernés. Le résultat, certes incomplet a été salué par l'ensemble des observateurs comme une avancée, et les plus radicaux des écologistes ont consenti à reconnaître les efforts.

C'est ensuite que tout se gâte. Car les bisbilles entre ministres sur ce sujet, l'absence des députés dans l'hémicycle au moment du vote, les modifications profondes de la loi par rapport au projet initial, ne sont que les conséquences de l'exercice du pouvoir tel qu'il est pratiqué par Nicolas Sarkozy.

En cumulant toutes les fonctions, en étant tour à tour président, premier ministre, ministre de l'environnement. En ne laissant aucune place pour le débat parlementaire, et en méprisant sa propre majorité, tout cela fait que les députés se rebellent, les ministres se battent entre eux pour occuper le rare espace qui leur reste.

Mais on s'aperçoit aussi qu'il y a un autre problème, plus inquiétant celui-ci. L'accord initial interdisait complètement la culture en plein champ des OGM. Après passage à l'assemblée puis au sénat, les parlementaires ont amendé le texte de loi et réintroduit l'autorisation de ces cultures. La raison en est simple, beaucoup de députés des zones rurales subissent la pression des lobbies semenciers. Cet épisode de notre vie politique est la première preuve flagrante que la vie parlementaire est sous observation complète des milieux économiques (et pas seulement, puisqu'il existe plein d'autres lobbies). Il est donc illusoire de croire que nos élus décident en toute conscience et en toute liberté.

A travers cette séance déplorable, l'image du pouvoir est une fois de plus écorné. Nous sommes aujourd'hui face à un couple exécutif discrédité dans l'opinion, qui ne maîtrise plus sa majorité ni visiblement les prises de parole des membres de l'équipe gouvernementale. Et ce pouvoir est à l'aube d'affronter une semaine sociale agitée. Mais quel crédit doit-on encore lui accordé ?

Posté par leunamme à 17:20 - actualité politique - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

N'empêche que ça fait du bien non ? Je t'ai lu sur "le blog à Jef", il est bien son blog et Jef est bien. Il a quitté le PS, suite à l'ouverture, tellement il était déçu...

Posté par Cendra, 14 mai 2008 à 20:51

Sarko s'est tiré une balle dans le pied ...

Posté par Tietie007, 14 mai 2008 à 22:56

A cendra,
Oui, ça fait du bien. Quand au blog de jef, je pense y retourner régulièrement. Je l'ai découvert grâce à tes liens. Donc merci.

A Tietie 007,
et avec la loi sur la modernisation de l'économie et la réforme des institutions, ce n'est plus une balle dans le pied, c'est une rafale.

Posté par leunamme, 15 mai 2008 à 10:44

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