09 avril 2008
L'éducation, sujet toujours sensible
En France la sujet de l'enseignement a souvent été la cause de grand débats nationaux voire d'affrontement. On croyait les choses atténuées, mais depuis quelques années la tension est fortement remontée. La cause en est évidente, la société Française étant dans une crise identitaire profonde, l'Education Nationale qui en constitue le noyau fondamental en ressent forcément les soubresauts.
D'autant plus qu'il a d'abord été de bon ton de régler chaque problème par des enseignements supplèmentaires à l'école. On a ainsi dans un premier temps surchargé l'école de notions et de domaines qui n'étaient pas forcément de son ressort. Mais peu à peu les choses se sont compliquées, car dans le même temps la logique économique a tout emporté sur son passage. Et c'est ainsi que sans diminuer la charge de travail (bien au contraire), on retire peu à peu les moyens financiers et humains à l'école publique.
L'école qui pour beaucoup de classes populaires a longtemps représenté un espoir, une possibilité pour les enfants de voir des conditions de vie meilleures que pour les parents, l'école devient aujourd'hui le réceptacle de toutes les angoisses sociales, de toutes les frustations. Et le corps enseignant reçoit cela de plein fouet, d'autant plus qu'il ne se sent absolument pas soutenu par l'Etat.
A sa mesure, en toute modestie, et à son corps défendant, ce petit blog est également le témoin de cette situation. En juin 2007, Nicolas Sarkozy avait fait un discours où il exposait ses vues sur la politique éducative. J'avais à l'époque rédiger un article sur ce discours où je parlais de retour vers l'école du XIXème siècle. Qu'elle ne fut pas ma surprise de constater que depuis lors et jusqu'à ce jour, il s'agit de l'article le plus consulter sur ce blog. Les recherches faites par la pluaprt des internautes qui passent par des moteurs de recherche contiennent les mots "ecole au XIXéme siécle". Je ne sais pas encore si cela signifie que la plupart souhaitent un retour vers une école plus conservatrice, où au contraire si beaucoup ont peur et ressentent le recul actuel en matière de politique éducative.
Hier, j'ai commis un nouvel article pour indiquer en quoi j'estimais que l'Education Nationale était en crise, et pourquoi elle devait redevenir une priorité nationale. Et il s'est trouvé un lecteur pour laisser plusieurs messages assez directs contestant mes positions (libre à lui, il a bien le droit, et je lui répondrais évidemment). Mais ce qui m'a surpris ce n'est pas tant le nombre de nouveaux commentaires que ces messages ont suscité, mais la rapidité avec laquelle ils sont arrivés, et surtout la force des propos, la justesse des commentaires, comme si ce nouveau lecteur avait touché une corde sensible (au passage, je suis fier d'avoir de tels lecteurs, merci à vous).
il y a toujours eu des choses à redire sur la politique éducative évidemment, mais je situerais clairement l'accentuation du problème au moment de l'arrivée de Claude Allègre à ce ministère. Ministre arrogant, il n'a fait qu'annoncer ce qui se passe aujourd'hui : suppressions de postes, de matières enseignées, mépris des professeurs, refonte totale des programmes dans un sens manquant clairement d'ambition, etc.
Mais attention, ce sujet est sensible, l'histoire de ce pays nous le prouve. Et les réactions ici même souvent le fait de personnes non enseignantes, prouve qu'une partie des Français serait prête à se mobiliser pour défendre l'idée qu'il se font de l'Education Nationale. Les lycéens ont d'ailleurs déjà commencé. Je crois que les habitants de ce pays ont peur de voir détruit une des choses qui leur tient à coeur et qui jusqu'à maintenant a été un des ferments de la nation française. Avant de supprimer trop de postes, messieurs Sarkozy, Fillon et Darcos devraient y réfléchir.
Commentaires
Réveillons-nous!
Il est urgent de se réveiller!
Demain il sera trop tard!
C'est si facile d'être prof, n'est-ce pas ?
On ne brade pas l'éducation, zut ! C'est le "socle" de toute une vie !
L'école de l'arrêt public
"L'école publique n'a pas à enseigner des matières qui ne trouveront pas de place sur le marché du travail..."
Je ne pense pas me tromper de beaucoup... c'est à peu près ce qu'a dit notre président. Les choses deviennent alors très claires.
L'école publique doit être exclusivement au service de ses petits copains patrons...
Et tous ceux qui diront le contraire seront des "archaïques", des dinosaures etc...etc...
On connait le procédé... c'est celui qui nous est servi de puis quelques décennies...
Malheureusement, ça marche dans l'esprit de beaucoup de gens... :(
Les attentes des petits copains patrons, pour ma part ce n'est pas ce qui me soucie. Mais le devenir de jeunes qui aprés 4 ou 5 années d'études se retrouvent au RMI: si.
Si on ne se bat pas pour un système éducatif en adéquation avec le marché du travail ET comportant une large base d'enseignement général, on va finir par se retrouver avec un système éducatif en adéquation avec le marche et point barre.
A vouloir ce qui ne peut exister on perd le tout.
Je réécrirai des messages sur l'éducation dès que l'occasion se présentera. La qualité des commentaires des deux derniers messages est impressionnante et prouve qu'internet est un vrai lieu de débat et d'idées.
Merci à vous.
@kloelle: je plussoie.
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