rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

08 avril 2008

Défendre l'Education Nationale doit être une priorité.

Je l'ai déjà dit sur ce blog, mais je le répète, ce gouvernement mène une lutte des classes. Et ce qui symbolise cette lutte ce sont les attaques contre l'éducation et la culture.

Si on relit les travaux d'Emmanuel Todd, on s'aperçoit que les grandes révolutions dans l'histoire de l'humanité ont toutes à voir avec la progression du taux d'alphabétisation des populations ou avec l'augmentation de leur niveau de connaissances.

Depuis la fin du XIXème siècle, en rendant l'école obligatoire, en facilitant l'accès à l'enseignement secondaire puis universitaire aux couches populaires, les conditions matérielles et sociales de la population ont pu s'améliorer progressivement. Je n'occulte pas évidemment que d'autres facteurs extérieurs ont souvent prévalu, mais l'élévation du niveau de l'instruction y a contribué.

Or, que constate-t-on aujourd'hui ? On supprime des postes de professeurs, on supprime certains enseignements, notamment dans les sciences sociales, les programmes sont revus à la baisse. Il fut même question un moment de remettre les enfants au travail dès 14 ans (cela a peut-être même été fait, je ne me souviens plus).

A l'heure où les mesures sécuritaires sont en constante inflation, à l'heure où il faut 3 000 policiers pour protéger une flamme, l'éducation, la progression du niveau de l'instruction n'est plus un enjeu. Et quand on sait que le patronnat soutien la politique actuelle du gouvernement, et l'encourage même a aller plus loin, on comprend mieux le but ultime de tout cela : une population moins cultivée, moins instruite sera beaucoup plus encline à travailler dans des conditions de plus en plus pénibles qui peu à peu se rapprochent de celles que l'on connaissait au XiX ème siècle.

Alors oui, pour nos enfants, pour les générations futures, l'éducation et la culture pour tous doivent redevenir des priorités. Il faut sortir de cette société où seuls ceux qui pourront se payer les meilleurs écoles auront des situations confortables.

Les mobilisations lycéennes actuelles ne sont pas comme on le lit ici où là, un moyen pour les jeunes de s'amuser et de ne pas aller en cours. Non, pour beaucoup, à 16, 17 ou 18 ans, ils ont déjà une conscience politique et ont compris une grande partie des enjeux qui se jouent. Il faut les soutenir.

Posté par leunamme à 09:38 - Education - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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