06 février 2008
Les municipales à Lyon.
Lyon est la ville centriste par excellence. Tout y semble calme, apaisé, jusqu'ici les joutes politiques paraissaient feutrées en comparaison à ce qui se passe à Paris ou Marseille. D'ailleurs, si la droite a longtemps dirigé la ville, elle l'a toujours fait avec l'appui des centristes. Raymond Barre, référence historique du centrisme en a même été maire. Et si depuis 2001, la ville est aux mains des socialistes, le maire actuel a d'abord tout fait pour faire oublier son étiquette et mener une politique la plus consensuelle possible.
Mais voilà que dans cette ville si calme, tout s'affole. La droite parachute un candidat (même s'il est né à Lyon, il fut élu ailleurs pendant près de 30 ans), dans le but d'apaiser ses divisions. Ce qu'il réussit dans un premier temps avec les trublions millonistes. Mais les négociations durent et tergiversent avec le MODEM. Pour ce dernier, la campagne municipale à Lyon devrait se jouer sur du velours. Mais il se déchire, se divise pour finalement se rallier à la droite contre l'avis de la direction nationale. Certes, une liste est reconstruite dans l'urgence, mais gageons qu'elle n'a que peu de chances d'approcher les 20 % réalisés par François Bayrou dans la ville en avril 2007. Et c'est d'autant plus incompréhensible, que le candidat qui apparaissait comme légitime, Azouz Begag, crédité d'environ 15 % en septembre, a dû jeter l'éponge face à l'opposition des têtes de file MODEM locales. Depuis, il s"est rallié au candidat socialiste.
Et la gauche, que fait-elle pendant ce temps ? Elle compte les points. Le PS a su rassembler autour du maire sortant qui surfe sur son image de bon gestionnaire ayant su changer l'image de ville. Et la présence d'une liste d'extrême gauche, peu implantée dans la ville, ne devrait pas la pénaliser. La situation semble favorable pour ce camp au point certains sondages donnent Gérard Collomb gagnant dès le premier tour. Mais il faut toujours se méfier des sondages !
Reste l'inconnue Front National. Jusqu'ici, il avait un candidat bien implanté, Bruno Gollnisch, qui pouvait troubler le jeu local (ce qu'il ne s'est pas privé de faire par la passé). Mais il ne se représente pas, et l'illustre inconnu qui le remplace ne semble pas avoir l'aura suffisante pour rassembler sur son nom les déçus de la droite. La défaite de la droite, si défaite il y a, n'en paraîtra que plus cuisante.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=295538&pid=7856459
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :