14 novembre 2007
Rétablissons quelques vérités !
La première journée de la grève reconductible dans les transports et à EDF-GDF notamment, a eu lieu aujourd'hui. Les positions syndicales et gouvernementales ont en apparence bougé, mais les commentaires de la plupart des journalistes radios et télés sont pour le moins partiaux, toujours dans le sens d'un discrédit du mouvement social. Je vais donc essayer, en toute modestie, de donner une autre interprétation des faits de la journée.
Sur l'affirmation selon laquelle la grève serait moins suivie que celle du 18 octobre, on peut dire que c'est vrai si on regarde les chiffres bruts. Mais alors, encore faut-il rappeler que contrairement au 18 octobre, tous les syndicats n'ont pas appelé. De plus, si on considère le poids des syndicats non grévistes à la RATP et à la SNCF, le nombre d'arrêts de travail et de perturbations est particulièrement élevé. Ce qui tendrait à dire que les syndicats ont réussi à mobiliser bien au-delà de leurs militants et sympathisants.
Ensuite, il est faux de dire que la CGT a lâché du lest et vient sur les positions du gouvernement. Depuis le début, elle demande des réunions tripartites. C'est bien ce qu'elle vient d'obtenir, sa seule concession étant qu'elles seront désormais par entreprises et non plus globales.
Par contre, on peut considérer qu'il s'agit d'un recul de la part du gouvernement. D'abord parce que des réunions tripartites (Etat,syndicats, entreprises) auront bien lieu, ce qu'il refusait jusque là. Ensuite, parce que la présence d'un représentant de l'Etat à ces réunions prouve bien que le cadre général (mais entreprise par entreprise désormais) peut être négocié. Ligne jaune que jusqu'ici le gouvernement ne voulait pas franchir. Mais, il faut aussi dire ce que cela signifie concrètement : certaines entreprises peuvent négocier une sortie seulement partielle de leur régime spécial, bien contraire à l'inflexibilité marquée pour l'instant par le chef de l'Etat.
Pourquoi aucune information n'a été donnée avec cette interprétation ? Tout simplement parce que communiquer sur un premier recul, se serait renforcer la mobilisation, et désastreux au niveau de l'opinion.
Des discussions vont probablement avoir lieu. On ne sait évidemment pas sur quoi elles déboucheront, ni d'ailleurs exactement sur quoi elles porteront. Reste cependant un problème de taille pour le gouvernement et les syndicats qui vont négocier (rappelons quand même que Sud rail, sur une position plus radicale n'est pas invité aux discussions), c'est que la base semble elle fermement décidée à ne rien céder sur les 37.5 années de cotisations. Il n'est donc pas évident que nous sortions rapidement du conflit comme le claironnent tous nos médias.
Commentaires
Très bonne analyse
jf.
A Jacques
Merci !
propaganda
Sarko sait bien qu'une fois les médias soumis,c'est un boulevard qui s'ouvrira devant lui, c'est l'ultime étape pour sa soif de pouvoir, car l'opinion, c'est comme une crepe que l'on retourne comme l'on veut. On voit bien qu'il se la joue devant les grèves. 23 millions de cocus du sarkozisme continuent à baisser la culotte, n'oublions pas que 17 millions de baisés malgré eux sont encore là et beaucoup ont pris le chemin du maquis. RESISTENZA
Oui, en tout cas, c'est ce que Sarko croit. Moi ce que je vois, c'est une radicalisation d'une bonne partie de la gauche, qui risque de devenir incontrolable.
Et puis, tout de même, 35 à 40% de personnes hostiles aux réformes malgrè tout le matraquage que l'on subit, cela fait encore beaucoup. Je crois que la France, la vraie, celle qui se bat pour le progrès, contre les inégalités et les profits faramineux de quelques-uns, cette gauche n'est pas morte.
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