services_publicsA l'heure où l'on parle abondamment de suppressions de postes de fonctionnaires, de réduction du déficit, de privatisations, j'ai trouvé intéressant de poser la question de l'importance des services et entreprises publics en France.

Tout d'abord, un service public est le financement par la collectivité, donc par l'impôt, des missions régaliennes de l'Etat  : la justice, la police, la défense, et la collecte de l'impôt. Ces service publics là sont obligatoires. Mais il en est d'autres qui nous semblent aujourd'hui indispensables et qui relèvent de besoins que chaque citoyen ne peut prendre en charge lui-même, à cause de leurs coûts, et par souci d'égalité entre tous. Ce sont la santé, l'éducation, l'aide à l'emploi, la culture, toutes sortes de services qui permettent une meilleure cohésion dans la société et qui peuvent nous rendre la vie plus facile au quotidien.

Les entreprises publiques participent également de cette logique, bien qu'ayant un statut différent. Que ce soit EDF, la SNCF, GDF, France Télécom, La Poste, ou d'autres, c'est grâce à elles que la France est équipée en infrastructures lourdes (centrales électriques, autoroutes, téléphone, gaz). Elles ont aussi permis une égalité de traitement entre tous, avec l'électricité au même tarif pour tous, quel que soit l'endroit du territoire où l'on réside, par exemple. Tout ceci coûte évidemment si cher qu'il ne peut être réalisé que grâce à l'apport de l'Etat. Aucune entreprise privée (et à fortiori des particuliers) ne pourrait financer ces équipements, puisqu'il faudrait trop de temps avant qu'ils ne puissent être rentables.

Bien sûr, dans la plupart des pays, et évidemment dans le nôtre, il existe des structures privées qui exercent les mêmes missions que les services publics. Ce sont les cliniques, les écoles privées, etc. Mais l'utilisateur de ces services privés doit payer plus cher, ce que tout le monde ne peut faire. C'est parce qu'ils sont d'abord un moyen d'égalité et de soutien aux plus fragiles et aux plus pauvres, que les services publics sont nécessaires. En les remettant en cause, en diminuant le nombre de fonctionnaires de façon totalement arbitraire, comme ce qui se passe actuellement, on s'attaque aux personnes les plus vulnérables et on met à mal la cohésion de la société, puisqu'un nombre croissant de citoyens peut se sentir exclu d'un accès de qualité à l'enseignement, la recherche d'emploi, la sécurité, la justice, ou autre.

De même, lorsque l'on privatise ou que l'on soumet à la concurrence des entreprises publiques, c'est là aussi les plus faibles qui en pâtissent. On a bien vu avec l'ouverture du marché de la téléphonie, puis la privatisation de France Télécom, que cela ne débouchait absolument pas sur une baisse des tarifs. L'exemple du service de l'assainissement de l'eau est également saisissant sur ce sujet. De plus, lorsque l'on vend à des firmes privées, des entreprises telles que les sociétés d'autoroute, ou GDF, ce sont des biens collectifs, financés par l'impôt, donc par chacun d'entre nous, que l'on vend. Nous nous sommes donc payé des infrastructures lourdes, coûteuses, qui nous sont bénéfiques au quotidien, et désormais ce sont de grands groupes privés qui n'ont pas déboursé un centime en investissement, qui vont en assurer l'exploitation.

La défense d'un service public de qualité, rendu de la même façon sur l'ensemble du territoire, n'est pas que l'affaire des fonctionnaires, elle est celle de chacun d'entre nous. Parce que ces services et ces entreprises nous appartiennent, mais aussi et surtout parce qu'ils sont nécessaires au fonctionnement de la société et qu'aucune entreprise privée, pour qui compte avant tout la rentabilité, ne peut en assurer l'ensemble des missions de façon satisfaisante et équitable pour tous.