prisonsÇa y est ! Il est de retour notre présidentissime adoré. Et c'est reparti sur les chapeaux de roues, avec trois réunions ministérielles, et une conférence de presse, pour bien montrer qu'il s'occupe de tout.

La conférence de presse, c'était évidemment sur les pédophiles récidivistes, avec ce qu'il faut de révolte dans le discours pour bien émouvoir dans les chaumières. Mais là n'est pas le problème, après tout, ne mettons pas en cause la sincérité sarkozyenne.

Non, le problème réside essentiellement dans le contenu des mesures qui vont être prises. Je passe sur les craintes (justifiées) exprimées par les associations de défense des droits de l'homme, pour revenir à l'essentiel : quinze jours après une première loi, nous allons de nouveau légiférer sur la récidive (le travail aurait-il été mal fait la première fois ?).

Plus surprenant, il existe une loi datant de 1998 faisant déjà injonction à ce type de détenus de se soigner. De plus, le type d'hôpital préconiser par Sarkozy existe déjà, et de surcroît dans la prison même où était Francis Evrard. Mais la loi n'est pas appliquée, et le service médical ne fonctionne pas. Pourquoi ? Mais par manque de moyens financiers et humains, et si tel avait été le cas, peut-être ne serait-il rien arrivé au petit Enis. On aura beau faire des dizaines de lois, renforcer les conditions de détention, créer des hôpitaux spécialisés, tant que la justice et les prisons n'auront pas les moyens nécessaires pour fonctionner, tout cela ne servira à rien.

Et que l'on ne nous dise pas qu'il n'y a plus d'argent, et que l'Etat est surendetté. Les quelques bénéficiaires du bouclier fiscal savent bien qu'il y a de l'argent. Il s'agit ici d'un choix politique. Et je pense sincèrement que les choix actuels vont aboutir à une dégradation de la qualité de nos services publics, de tous nos services publics, ainsi qu'à une augmentation de l'insécurité sous toutes ses formes (sociale, économique, politique, judiciaire, etc.) Ce sont de mauvais choix, mais il est malheureusement probable que pour répondre aux difficultés qui nous attendent, on ne fasse encore de nouvelles lois, là où il faudrait surtout des moyens.