10 juin 2007
Le coeur à l'envers !
Ce soir, je suis un peu triste, Clermont-Ferrand vient de perdre sa huitième finale. Soyons honnête, même si les auvergnats n'ont pas démérité, ce qu'ont fait les parisiens dans le dernier quart d'heure est fantastique.
Oui, mais vous me direz, tout ça n'est qu'un jeu, ce n'est pas grave. J'approuve entiérement, mais pour moi le Clermont Auvergne, c'est un peu plus qu'un club de rugby. Tout d'abord, j'ai beau habité la région parisienne depuis quinze ans, je n'oublie pas mes racines, et quand l'Auvergne monte à Paris, même pour un match, cela me fait chaud au coeur.
Ensuite, cela tient à l'histoire de ce club, et de ce qu'il représente. Il ne s'est d'ailleurs pas toujours appelé comme ça, jusqu'à il y a deux ans, c'était l'AS Montferrand, du nom d'un quatier de la ville, et bien avant encore, l'AS Michelin. Eh oui, c'est le club de Michelin, car comme beaucoup de chose à Clermont, le club à longtemps appartenu à la firme, avec toute l'image qu'elle véhicule de grosse entreprise capitaliste, etc., etc. Mais voila, ce n'est pas que le club de Michelin, c'est aussi et surtout celui de ses ouvriers, les bibs comme on les appelle. Alors, samedi soir, c'est à tous ces types que j'ai pensé, à ces mecs qui dans les années 50 se levaient à 4 heures, faisaient leur journée d'usine, puis allaient s'entrainer l'aprés-midi. A ceux qui allaient jouer dans toute la France le dimanche après-midi, rentraient tard dans la nuit et retournaient bosser le lendemain, parfois sans s'être couché. A ces milliers de supporters, pour la plupart des prolos, qui tous les dimanches poussent leur équipe dans la victoire comme dans la défaite, avec toujours le plus grand respect de l'adversaire. Tous les spécialstes vous le diront jouer à Marcel Michelin (Eh oui, c'est le nom du stade), c'est toujours un grand moment, c'est le meilleur public du rugby.
Voilà, je suis triste pour tout ça, et pour cette Auvergne, une terre difficile, peuplée de gens rudes aux coeurs d'or. Une terre qui a beaucoup souffert de l'exode de sa jeunesse, des licenciements massifs chez Michelin. Mais aussi une terre discrète aux gens besogneux qui font rarement parler d'eux. Alors une fois, rien qu'une fois, j'aimerais que leur club de rugby cesse d'être le perdant magnifique et porte en haut de l'affiche les couleurs de cette région et de ces habitants que j'aime tant.
Commentaires
arf! j'aurai pourtant du me douter que tu etais un mec mdr !!!
Ben oui, j'avais pourtant laissé des indices.
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