Ah ! Je vous vois venir, vils mécréants capitalistophobes, il suffit que quelques journaux réputés de tendance gaucho-stalinienne comme La Tribune publient des articles jetant l'opprobe sur les principaux dirigeants d'EADS, pour que l'on en appelle à la vindicte populaire, que l'on réclame des têtes.

On nous dit qu'il y aurait eu délit d'initié, que 700 des plus hauts dirigeants de la firme auraient été informés du retard de fabrication du gros porteur d'Airbus, et auraient donc vendus leurs stock-options avant que l'annonce n'en soit officielle, faisant chuter les cours de l'action. Ils auraient donc bénéficié d'une plus-value conséquente. Tout cela n'est que du vent, supputations stériles, car figurez-vous, qui peut prouver qu'en économie le hasard n'existe pas ? Eh oui ! le hasard qui a fait que 700 dirigeants ont vendu leurs actions en même temps.

Qui aujourd'hui peut imaginer que des dirigeants honnêtes, conscients qu'ils sont les garants de l'image d'une société symbôle de l'Union Européenne, pourraient agir contre leur entreprise, annoncer 10 000 suppressions d'emploi et empocher des milliards ? Cela n'est évidemment pas possible, qui oserait imaginer qu'avec de telles sommes en jeu, des preuves puissent être trouvées ? Pas à ce niveau là.

Oui, messieurs les cubanophiles, la présence d'Arnaud Lagardére dans le capital de l'entreprise est bel et bien une preuve de l'impartialité et de la transparence qui régne dans l'entreprise, puisque ce dirigeant exemplaire qui ne doit sa fortune qu'à son travail et à son mérite est l'ami de notre nouveau président. C'est là une garantie suffisante.

Et quand bien même tout cela serait vrai, gageons qu'il doit y avoir là dessous quelques secrets d'Etat, et qu'en fin de compte, c'est pour le bien de tous, que messieurs Forgeard, Lagardére et consorts ont bien voulu prendre le risque d'être accusés de corruption. Nous devons faire une confiance aveugle à ces grands hommes !