rêver de nouveau

Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (Aimé Césaire)

28 mai 2007

Le dopage encore et encore !

Dans un peu plus d'un mois, le Tour de France va commencer et déjà les affaires, les révélations autour du dopage se multiplient. Mais pourquoi alors que les instances dirigeantes du cyclisme assurent lutter efficacement contre ce fléau, alors que les contrôles sont censés être plus fréquents, pourquoi a-t-on l'impression que le dopage et la triche sont rois dans le domaine de la petite reine, et que rien n'est fait ?

Mais au-delà des contrôles, il y a d'autres questions qu'il convient de se poser. Pourquoi, alors que tous les médecins du sport estiment que l'on ne peut pas physiquement tenir sur un rythme élevé sur toute une saison, continue-t-on à maintenir toutes les épreuves, voire à en créer de nouvelles ? Comment des coureurs peuvent aligner d'énormes performances sur trois ou quatre étapes de suite, alors même que tous les spécialistes du sport de haut niveau estiment que le corps doit pouvoir récupérer ? Pourquoi tous les travers du sport liés au dopage ne sont pas dénoncés dans les grands médias avant qu'ils ne deviennent des affaires extra-sportives relevant de la justice ?

En investissant des millions d'euros pour retransmettre les grandes compétitions sportives, les chaînes de télévision ont besoin de rentrer dans leurs frais, d'assurer un minimum de spectacle. Pour cela, on multiplie les compétions (ou on en maintient qui n'ont plus lieu d'être), les championnats, les classements, on durcit les épreuves, ce qui implique forcément des conséquences sur les organismes des sportifs, lesquels n'ont souvent d'autre alternative pour échapper à la blessure que les produits dopants.

Cette manne d'argent amenée par les médias, mais aussi la publicité, les sponsors, toutes les parties prenantes du système en profitent : les fédérations, les équipes, les managers, les agents, les sportifs eux-mêmes. Tous ont un intérêt bien compris dans l'affaire. Seule la pugnacité des forces de police, de certains juges, les drames du type Pantani, permettent au système d'éclater au grand jour. Mais l'affaire Festina a eu lieu il y a presque 10 ans, et aujourd'hui encore, on a le sentiment que rien n'a bougé.

Dans beaucoup de domaines, mais dans le sport plus qu'ailleurs, l'argent est au centre. Il pervertit les valeurs de courage, de solidarité véhiculées par le sport, notamment le cyclisme, pour les remplacer par celles du profit, du toujours plus d'argent. Le jour où la vie d'un champion aura plus d'importance que son compte en banque, ou que l'audimat de la dernière étape du Tour de France, ce jour-là, les cas de dopage commenceront à régresser.

Posté par leunamme à 22:23 - Sports - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Avec l'effort gratuit, il n'y aurait plus de dopage. Supprimons le sport professionnel ! Utopie quand tu nous tiens !

Posté par gballand, 28 mai 2007 à 22:57

mais est ce vraiment une utopie ? A t on vraiment besoin d'un sport professionnel ?

Posté par leunamme, 28 mai 2007 à 23:06

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